«Je trouve inadmissible et irrespectueux vis-à-vis de la population qu'en période de restrictions budgétaires, alors même que l'Etat annonce un déficit de près de 300 millions de francs, des élus communaux puissent s'offrir un week-end de luxe à plus de 2500 francs par personne. Le tout à la charge des contribuables», s'emporte Eric Stauffer, conseiller administratif à Onex et président du Mouvement citoyens genevois. «Avec cette somme, des familles genevoises financent toutes leurs vacances de l'année, quand elles peuvent encore s'en offrir», appuie le député au Grand Conseil qui ne fera évidemment pas partie du voyage annuel des maires, prévu cette année du 4 au 6 mai à Dublin.
Ton plus serein du côté de l'Association des communes genevoises (ACG) qui organise l'excursion depuis une trentaine d'années. «Avant 2010, personne n'en parlait. C'est depuis que les médias ont monté en épingle l'information sur les voyages onéreux des élus que les gens réagissent. Je peux le comprendre. Mais les temps sont durs aussi pour les élus», explique de son côté Catherine Küffer, présidente de l'ACG et maire de Vandœuvres. «Sur le plan relationnel, il devient donc encore plus important que nous puissions nous rassembler entre collègues, comme c'est le cas dans le secteur privé. Joindre l'utile à l'agréable permet de créer du lien, de parler de nos communes et de faire avancer les dossiers. Tout cela en regardant attentivement à la dépense.»
Justement, combien coûte le fait de mettre les édiles cantonaux au vert irlandais? «Ce voyage s'adresse aux maires, à leurs adjoints et conseillers administratifs. Le président du Conseil d'Etat et le chargé des communes sont invités, clarifie Catherine Küffer. Avant d'ajouter: «En tout, et en tenant compte des désistements, cela représente entre 120 et 150 personnes. Le budget global s'élève cette année à 378'000 francs. Les TPG, SIG et la Banque cantonale genevoise, également du voyage, participent par une contribution aux repas d'environ 50'000 francs. Au départ, nous avions le choix entre plusieurs destinations comme Amsterdam ou Séville. Pour des questions de coûts, de capacité hôtelière et d'offres, le comité de l'ACG a finalement opté pour Dublin, argumente-t-elle. Rester en Suisse, n'aurait pas coûté moins cher. On a également fait notre choix en veillant à ce qu'il n'y ait rien d'ostentatoire ni de luxueux. D'autant que le financement du voyage est inscrit au budget des communes et qu'elles n'ont pas toutes les mêmes moyens», ajoute la présidente de l'ACG.
Rien de luxueux, vraiment? Lorsqu'on consulte le descriptif du voyage (lire encadré), on s'aperçoit que l'hôtel réservé par l'agence de voyage est un superbe quatre-étoiles situé près des rues commerçantes de la capitale irlandaise dont le programme explique, entre autres, qu'on s'y amuse comme nulle part ailleurs. Excursions, rallye, visites, découvertes ludiques, repas gastronomique ou dîner de gala font d'ailleurs penser plus à un long week-end de loisirs entre gens du beau monde qu'à des séances de travail d'intérêt général organisées loin du chaos genevois. D'ailleurs, en épluchant très attentivement le programme, on s'aperçoit aussi qu'aucune séance de travail n'est à l'ordre du jour.
Aucune séance de travail ne figure au programme
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